L’interview éclairante avec Dominique Delmas

Saretec s’est engagé dans une démarche de mission, bien avant que celle-ci ne soit reconnue officiellement par la loi PACTE. Né en 1978, le leader en gestion de sinistres n’a cessé d’exploiter les technologies pour renforcer la robustesse de ses services et les adapter aux évolutions de la société. Détenu à 100 % par ses salariés, avec environ 2 200 collaborateurs et devenu société à mission en 2023, le groupe a su conjuguer le meilleur de l’humain et de l’intelligence artificielle, au service des assureurs, tout en intégrant les limites planétaires dans son action. Dominique Delmas, président du Comité de mission de Saretec, revient sur cette stratégie visionnaire, ancrée dans la réalité du terrain, où chaque innovation répond à un enjeu concret.

Comment l’IA s’intègre-t-elle dans vos métiers ?

L’IA est un accélérateur de notre mission qui analyse rapidement des milliers de dossiers, modélise finement les logements et anticipe certains risques. Grâce à notre outil SmartCare, dès que l’on entre une adresse dans le logiciel, il caractérise la qualité du bâtiment, sa surface, sa typologie, ce qui nous permet d’avancer de façon qualifiée sur l’évaluation des travaux.

Le troisième pilier de votre mission est de sensibiliser et former à la réparation bas-carbone. Comment l’IA vous y aide-t-elle ?

Nous traitons chaque année environ 450 000 dossiers, ce qui représente un volume de travaux de réparation estimé à 2,6 milliards d’euros. L’IA nous aide à proposer des réparations qui minimisent l’empreinte carbone et respectent la santé. Par exemple, au lieu de repeindre avec des solvants une surface détériorée après une inondation, on utilise des peintures à l’eau. Au lieu de remplacer un mur complet, on ne découpe que la partie endommagée. Optimiser nos processus nous permet d’avoir un effet de levier majeur sur la réduction de l’empreinte carbone de toute la réparation. L’IA est un support au service de notre mission, pas une solution magique.

Quelles actions concrètes mettez-vous en place pour limiter l’impact environnemental de l’IA ?

Dès le départ, nous avons audité nos outils : où sont stockées les données ? Quelle énergie est consommée ? Nous privilégions des serveurs en France et des partenaires engagés dans la sobriété numérique. Nous optimisons nos algorithmes pour limiter les ressources nécessaires. Par exemple, en améliorant la gestion de nos expertises dans un temps court, nous stockons moins de données, ce qui nécessite moins de capacité informatique pour les analyser et sollicite moins de serveurs. Ainsi, notre empreinte carbone reste raisonnée face aux bénéfices pour nos clients. De plus, en affinant nos analyses, on évite de nombreux déplacements d’experts, ce qui réduit aussi significativement notre empreinte carbone globale.

Comment partagez-vous vos résultats et vos arbitrages ?

La transparence fait partie de notre ADN. Nous publions nos engagements et nos résultats dans notre rapport de mission. Nous avons aussi obtenu le label EcoVadis Gold en 2024, qui valorise nos progrès en matière de RSE et de sobriété numérique.

Si vous possédiez LA baguette magique de l’IA, qu’en feriez-vous ?

Je l’utiliserais pour transformer chaque expertise de sinistre en un véritable acte de prévention et de régénération. L’idéal serait que notre action ne se limite pas à réparer. En aidant les assureurs à mieux comprendre et accompagner les victimes de sinistres, nous pourrions anticiper et éviter ces derniers. Ce changement d’échelle serait permis par l’engagement de nos 90 ambassadeurs mission et de nos 2 000 collaborateurs.

Un dernier conseil pour ceux qui hésitent à se lancer ?

N’attendez pas la solution parfaite : commencez par “ouvrir le capot”, comprenez l’impact réel de vos outils et engagez-vous dans une démarche d’amélioration continue. Posez vos propres limites. L’IA est une vague que l’on ne peut pas arrêter. Tous nos collaborateurs ont été sensibilisés et formés afin de pouvoir l’utiliser selon leurs besoins. Le Minitel n’a pas résisté à Internet, mobilisons nos forces avec cette révolution technologique pour mieux servir la société et le monde de demain.

Toutes les sociétés à mission ne sont pas membres de la Communauté des entreprises à mission. Qu’apporte la Cem à votre entreprise ? 

Elle nous a permis de sortir de la solitude du pionnier. Être président de Comité de mission, ça s’invente au quotidien. Échanger avec d’autres entreprises qui vivent les mêmes défis fait toute la différence. L’Observatoire des sociétés à mission nous donne accès à une réflexion stratégique de fond avec des apports très solides sur le modèle de la société à mission, son origine, ses exigences et sa mise en œuvre. J’apprécie particulièrement la dimension collective et bienveillante. On apprend, on partage, on construit. Grâce à la Cem, nous avons trouvé des talents, noué des collaborations, fait évoluer notre feuille de route. C’est un vrai espace d’inspiration et d’action pour toute entreprise qui prend au sérieux sa mission.

23/05/2025

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